Minamisanriku… ville martyre du tsunami du 11 mars 2011… Des milliers de morts et disparus, emportés par la vague dévastatrice qui fit suite au tremblement de terre de magnitude 9  dont l’épicentre se trouve seulement à un peu plus de cents kilomètres de là, dans les profondeurs de la mer.

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Dans ce désastre, un héros est né le jour même où il est mort. Une héroïne plus précisément…

Miko Endo, jeune employée de 24 ans dans le « Centre de Gestion de Crise » est la voix qui pendant plus d’une demi-heure cria dans le haut-parleur du centre afin d’inciter les habitants de la ville à fuir et se protéger vers les hauteurs : « s’il vous plait, fuyez vite… ». Jusqu’au dernier moment, elle resta à son poste au 1er étage du centre de Gestion de Crise, même quand son chef et ses collègues la supplièrent de venir  se réfugier avec eux sur le toit de l’édifice.

Entendre la voix de Miko Endo : http://www.good.is/post/heroes-hear-the-voice-of-the-young-heroic-woman-who-saved-thousands-of-lives/

Quand la vague monstrueuse est arrivée, elle a dévasté le bâtiment, défonçant le bardage et tordant les poutres métalliques comme des fétus de paille. Miko a disparu, emportée par cette vague d’eau noirâtre. La vague dépassa de 2 ou 3 mètres le bâtiment, et même les pompiers réfugiés sur le toit furent emportés, à part quelques rares chanceux qui purent s’accrocher et résister au déferlement.

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Cette histoire, Yoko me l’a raconté sur place, devant l’autel  bouddhiste dressé au pied du bâtiment dévasté, et je voulais depuis longtemps en faire un article quand j’ai découvert qu’elle était le fil conducteur d’un reportage diffusé sur Arte le 6 mars 2011. Très bon reportage, poignant, où on voit les lieux du drame et la vie qui reprend progressivement à Minamisanriku.

le reportage d'Arte: http://videos.arte.tv/fr/videos/minamisanriku_la_ville_engloutie-6449294.html

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 On y voit les parents de Miko Endo, désespérés … Ils ont entendu leur fille criant dans le haut-parleur de fuir, et ils ont fui… Elle leur a sauvé la vie, comme à des milliers d’autres habitants de Minamisanriku, mais elle est restée et elle est morte… Le corps de Miko ne fut rendu par la mer que plusieurs semaines plus tard, et ces parents n’ont pu l’identifier que grâce à un bracelet brésilien qu’elle portait à la cheville.

Le reportage d’Arte montre la ville dévastée, reprenant vie petit à petit, grâce à la volonté de quelques individus, entrepreneurs recréant leur chantier naval ou usine, sans attendre les décisions ou subventions des autorités, décidément trop lentes à prendre des décisions.   

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Il reste les débris à déblayer… Le maire de Minamisanriku ne veut pas aller trop vite. Il y a encore 400 disparus, et leurs corps sont peut-être dans ces débris, il convient donc de prendre le temps nécessaire pour les trier méthodiquement.

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Reconstruire ? Le maire est en attente des décisions du gouvernement. Probablement, il sera impossible de reconstruire des habitations au niveau de la mer, et ce sera très dur pour de nombreux japonais qui espèrent retrouver rapidement leur vie d’ »avant le tsunami ».

Peut-être faut-il respecter les stèles ancestrales qui préconisent de ne pas bâtir au-delà d’une certaine limite ?

Ganbate !

Courage aux habitants de Minamisanriku… Notre solidarité envers eux est totale !

Miko Endo est entrée dans le patrimoine historique du Japon. Son courage a permis de sauver des centaines ou milliers de vie. Le Japon et l’humanité lui en seront éternellement reconnaissants.

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Le 7 mars 2011

Oriibu

(photos décembre 2011, © Oriibu)