Dans les kiosques ce mois-ci, un magnifique « Les Cahiers de Science&Vie » consacré au Japon ! Ce n°153 de la revue (février 2013) s’intitule « Japon, aux Sources du Mythe » et effectivement les mythes liés au pays du Soleil Levant sont visités et revisités dans 4 parties bien distinctes (la Civilisation, l’Art du Combat, L’épreuve du Monde, D’hier à Aujourd’hui)  au travers d’articles aux titres sous forme de question telles que « Le Japon, une pâle copie de la Chine ? », « Faut-il être gros pour être sumo ? », «  Les geishas sont-elles des escort-girls ? », « Samouraï, l’éternel guerrier ? », « les Shoguns ne sont-ils que des dictateurs militaires ? », « les Ninja sont-ils des super-héros ? », « Les temples sont-ils authentiques ? », « Edo, l’époque du rideau de fer ? », « un avenir robotique ? », etc.

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Et à toutes ces questions, la réponse est toute en nuance, « non, mais… » ou « oui, mais… », un peu à la japonaise, pour nous expliquer que certaines certitudes ancrées dans nos esprits occidentaux doivent être revues et corrigées, si toutefois on veut vraiment comprendre ce pays fascinant. Il ne faut pas raisonner « blanc » ou « noir » dans le pays du Yin Yang… Un terme venu de Chine mais qui va si bien au Japon ! Oui le Japon a puisé dans la culture Chinoise,  mais ce fut pour créer sa propre culture. Shinto (la religion historique du Japon), bouddhisme, taoïsme et Confucianisme (venus de Chine), et même le Christianisme venu d’Europe  ont influencé la culture nippone. Naître shinto, mourir bouddhiste, cela fait partie de l’univers des japonais qui, pourtant, ne se reconnaissent pas comme un peuple très religieux.

Les Sumotoris ne sont pas forcément gros, et les geishas ne sont pas des prostituées, et si elles font l’amour, c’est qu’elles sont amoureuses ! Le samouraï n’a pas toujours été ce héro mythique, mais il a fallu, comme en occident pour les Chevaliers, de longs siècles d’histoire pour arriver au Bushido, le code moral qui était censé régir leur vie à un moment où la paix des Tokugawa les empêchait de faire la guerre… Quant aux ninjas, il faut attendre le 20ème siècle pour qu’ils aient une image de super-héros, car dans les siècles précédents ils étaient plutôt considérés comme des guerriers pour les basses besognes, des êtres à la fois méprisés et craints.

Ce numéro de Science&Vie nous explique aussi de façon magistrale comment les Temples faits de bois peuvent traverser les affres du temps. Ils sont tout simplement reconstruits régulièrement, de façon strictement identique et traditionnelle selon des méthodes transmises de génération en génération !

L’histoire est aussi parfaitement revisitée. La période Edo (17ème au 19ème siècle) réputée fermée à toute influence étrangère apparaît en fait beaucoup plus perméable qu’on ne le croit, le Japon n’ayant jamais arrêté ces échanges commerciaux ou intellectuels avec l’Europe ou la Chine. Quant à l’ère Meiji (1868-1912) souvent décrite comme une période de copiage effréné de l’Occident, c’est en fait une période de modernisation qui puise ses sources auprès de l’Occident autant qu’en interne au Japon.  Pierre-François Souyri est cité, nous rappelant que le Japon s’est modernisé aussi en fonction de sa propre culture, et que c’est sans doute pour cela qu’elle reste si prégnante dans le pays : « Qui pourrait imaginer qu’au Japon la lutte contre la destruction de la nature s’inspire du bouddhisme, que le féminisme puise dans le shinto ou que le socialisme puisse se référer à Confucius ? »

Bref, ces « Cahiers de Science&Vie » sont particulièrement complets  et permettent de mettre à bas bon nombre de clichés qui ont la peau dure auprès de ceux qui ne connaissent le Japon que de façon superficielle !

Un numéro à ne pas rater, et à garder précieusement dans sa bibliothèque !

 

Le 18 février 2013

Oriibu

  

Disponible en kiosque en février 2013, il sera toujours possible de le commander sur le site http://www.cahiers.science-et-vie.com/