C’est à Nikko (Japon) que l’on peut trouver l’une des plus anciennes représentations des Trois Singes de la Sagesse.

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De leurs petits noms, Mizaru (l'aveugle), Kikazaru (le sourd), et Iwazaru (le muet), on pourrait déduire qu’ils ne voient pas, qu’ils n’entendent pas et ne parlent pas. Pourtant, le sens réel de cette maxime  est bien loin du « j’ai rien vu, rien entendu et je ne dirai rien » de ceux qui ne veulent pas se mouiller, quitte à risquer de couvrir les pires horreurs…

La signification réelle est « Ne pas voir le Mal, ne pas entendre le Mal, ne pas dire le Mal », ce qui est, vous en conviendrez, bien différent !

Mizaru, cachant ses yeux, ne voit pas le mal. Kikazaru, couvrant ses oreilles, n’entend pas le mal. Iwararu, recouvrant sa bouche, ne dit pas le mal. C’est cela la vrai sagesse, car voir et entendre le mal nous imprègne de ce mal, et dire le mal équivaut à diffuser ce mal. Et au final, voir, entendre et dire le mal amène à faire le Mal.

Cette maxime que l’on retrouve donc matérialisée par une sculpture du 17ème siècle au temple de Toshogu (Nikko, Japon)  a donc un sens bien profond dont on trouve les premières références dans les écrits de Confucius : « « De ce qui est contraire à la bienséance, ne pas regarder, ne pas écouter, ne pas le dire, ne pas le faire » (500 avant JC)

C’est par l’école Bouddhiste Tendai que cette philosophie a été introduite au Japon et que la maxime y a été personnalisée par l’image des 3 singes.

Dans notre monde moderne, ces 3 singes nous disent peut-être de ne pas trop nous laisser submerger par les informations négatives que nous recevons (voir et entendre), de ne pas les diffuser (dire), pour au final ne pas faire le Mal…

Gandhi, pourtant détaché de toute possession matérielle,  gardait avec lui une représentation de ces 3 singes.

 

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Oriibu, 18 février 2018

(photos (c) Oriibu 2018)