Asakusa est un quartier de Tokyo incontournable pour les touristes qui pourront y visiter le magnifique temple bouddhiste Senso-ji, qui est effectivement à voir absolument.

Mais assez peu de visiteurs ont la curiosité de visiter le sanctuaire Shinto, l’Asakusa-jinja,  qui se trouve sur le même site, à quelques dizaines de mètres à l’Est du temple. En fait, je l’avoue avec honte, il m’a fallu au moins 3 passages au temple d’Asakusa pour aller visiter ce sanctuaire qui semble bien modeste à côté de l’illustre temple bouddhiste, mais sa découverte fut un intense moment de bonheur spirituel, comparable à ceux que j’ai pu connaître dans des sanctuaires bien plus grands et importants.

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Passer le torii en pierre qui marque l’entrée du sanctuaire Shinto, c’est soudain s’extraire de la foule qui grouille autour du temple Bouddhiste et de l’immense allée commerçante qui y mène.

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L’Asakusa-jinja est également appelé Sanja-sama, le «Sanctuaire des Trois divinités ». Ces trois divinités sont deux frères qui, en 628, trouvèrent  en pêchant dans la rivière une statue de la déesse Kannon., et le seigneur du village d’Asakusa qui leur expliqua que Kannon était une déesse bouddhiste, les amenant à se convertir au bouddhisme et à bâtir le temple Senso-ji consacré à Kannon. Le sanctuaire Asakusa-jinja, construit en 1649 par le Shogun Tokugawa Iemitsu pour honorer ces trois personnes considérées comme des kamis (dieux Shinto), est donc le parfait exemple du lien entre le Shinto et le Bouddhisme au Japon!

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Alors que tout le quartier fut rasé par les bombardements américains de 1945, y compris le temple Senso-ji, le sanctuaire Asakusa-jinja fut miraculeusement épargné.

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Dans un recoin du sanctuaire, il y a une allée qui mène dans un de ces endroits qui font tout le charme des sanctuaires Shinto. Au bout de l’allée, on trouve deux koma inu, ces êtres mi-chiens mi-lions qui habituellement sont placés de part et d’autre de l’entrée d’un sanctuaire, comme pour en assurer la garde. Mais là, ils sont côte à côte, comme un petit couple ! Ce sont des Meoto Komainu, apportant le bonheur et l’épanouissement dans l’amour et l’harmonie dans le couple.

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  Non loin de ces deux koma inu, il y a un modeste abri qui attire l’attention : il protège un trou dans lequel se trouve une pierre qui sert à casser les assiettes qu’on y jette ! Cet acte symbolise l’acte d’exorcisme des esprits malfaisants. La pierre, appelée yakuwari-ishi détruit ainsi les mauvais esprits. J’aime ce genre de symbolisme, et j’aurais aimé avoir un plat (harai-sara) à projeter sur cette pierre en le tenant des deux mains après m’être incliné devant ce petit sanctuaire, afin de demander aux kamis de me libérer du mal !

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Un peu plus loin, sur le côté droit du bâtiment principal du sanctuaire, un torii de pierre invite le visiteur curieux à prendre le chemin qui mène vers un sanctuaire plus modeste, l’Hikan Inari jinja.

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Il fut construit en 1854 par Shinmon Tatsugoro, chef des pompiers, en remerciement pour la guérison miraculeuse de sa femme après qu’il ait prié pour elle au Fushimi Inari-taisha de Kyoto, le sanctuaire principal d’Inari, le kami (esprit divin) représenté sous la forme d’un renard.

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Bien que la traduction de Hikan ne soit pas certaine, il semble que cela veuille dire « succès dans la vie ». Inari est en effet le kami des céréales, puis des fonderies et du commerce, ainsi que le gardien des maisons.

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Outre la particularité architecturale d’être recouvert d’une toiture, ce relativement modeste sanctuaire shinto appelle au calme, à la méditation et à la prière, après avoir visité le somptueux et grouillant de monde temple bouddhiste Senso-ji, d’autant plus quand on sait qu’il est le fruit de l’amour d’un homme envers sa femme, il y a près de 200 ans.

Oriibu

photos (c) Oriibu 2018